Affaire Chouette Poker : tournoi légal ou infraction dissimulée ?

L’affaire Chouette Poker, qui a secoué la communauté du poker associatif en France, soulève de nombreuses questions sur la légalité des pratiques dans ce milieu. Faisons le point sur cet incident et sur ses derniers rebondissements.

L’affaire Chouette Poker fait trembler le poker associatif !

Le 9 mars 2025, le Service Central des Courses et des Jeux (SCCJ) a brutalement interrompu un tournoi organisé par l’association Chouette Poker à Darois, près de Dijon.

Alors que 188 joueurs célébraient le premier anniversaire du club autour d’un tournoi, le matériel a été saisi sur place, et les sept membres du bureau placés en garde à vue pendant 40 heures.

Le coeur de l’affaire réside dans la pratique de l’association de demander des « dons » aux participants, s’élevant à 45 € dans le cas présent. Les autorités ont assimilé ces contributions à des « buy-ins ». Cette pratique étant réservée aux établissements agréés, comme les casinos, le président de Chouette Poker a été convoqué pour une comparution en reconnaissance de culpabilité (CRPC).

Cette affaire a fait l’effet d’une bombe dans la communauté du poker associatif, jusqu’à inciter certains clubs à annuler leurs événements par crainte de poursuites similaires. Dans un communiqué du 15 mars, La Fédération Française de Poker Associatif (FFPA), quant à elle, a appelé à une clarification urgente de la réglementation et à une extrême prudence de la part des clubs.

Une réglementation complexe aux contours flous

En France, la réglementation du poker associatif repose sur l’article L320-1 du Code de la Sécurité Intérieure. Pour qu’une activité soit considérée comme illégale, elle doit réunir quatre critères :

  • une offre communiquée publiquement,
  • un facteur hasardeux,
  • des gains potentiels,
  • une participation financière exigée par l’organisateur.

Cela signifie que les associations de poker ont pour interdiction de demander une contribution financière pour un tournoi et d’organiser des « cash games ».

Malgré ce cadre légal, celui-ci reste trop imprécis. La FFPA, en collaboration avec la Ligue Française de Poker (LFP), a élaboré une charte pour clarifier les pratiques acceptables, mais son interprétation reste sujette à débat. Les cotisations, par exemple, sont un point sensible. Ces dernières sont autorisées, mais ne doivent pas être assimilables à des droits d’entrée pour des tournois.

Devant cette incertitude juridique, la FFPA recommande aux clubs de poker deux options :

  • Suspendre les tournois de poker
  • Organiser des freerolls sans collecte d’argent

Si ces recommandations divisent également au sein de la communauté, l’affaire Chouette Poker souligne la nécessité d’une clarification officielle de la réglementation du poker associatif. Le procès de cette affaire, quant à lui, devrait avoir lieu le 18 juin au tribunal de Dijon.